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Interviews

3 questions à Hicham Kochman, aka Axiom, rappeur, producteur et CEO de la start-up KEAKR

3 questions à - 07 juin 2017

Véritable touche-à-tout, le rappeur Axiom a lancé il y a quelques semaines KEAKR, une application dédiée à la pleine expression des talents urbains et de la culture Hip Hop. Tour d’horizon d’une start-up qui risque de faire du bruit.

Orange Pop : Commençons par le commencement. Comment as-tu eu l’idée de créer KEAKR et comment s’est déroulée la phase de développement, puis de lancement ?

Axiom : Ça faisait déjà longtemps que je songeais à une créer plateforme destinée à réunir les créatifs du Hip Hop et par extension des musiques urbaines. C’est finalement l’aboutissement d’un parcours et de mon idée, devenue réalité, du centre culturel Hip Hop dans les Hauts de France, le Flow.

J’avais constaté très tôt une réelle absence de bannière numérique pour nous. Cette future plateforme devait donc impérativement nous permettre d’exposer nos contenus mais aussi de créer du lien. Au fil de la réflexion, le média social est devenu une évidence. Puis, la forme d’une application smartphone s’est imposée d’elle même, suite aux multiples rencontres que j’ai menées au sein de la communauté, avec les plus jeunes, lors d’ateliers d’écriture ou dans la rue, mais aussi avec les développeurs.

Le développement a été difficile, chercher la bonne formule et trouver les bonnes personnes prend du temps. Quand au lancement, il s’est fait simplement par le bouche à oreille, en sillonnant les petits événements qui rassemblent la communauté Hip Hop. Ça paraît simple dit comme ça mais notre communauté n’est pas dupe. Elle ne bosse qu’avec des personnes dont elle respecte l’activisme, les valeurs ou le parcours.

Après avoir lancé un premier test grandeur nature, nous avons très vite été dépassés par le nombre d’inscriptions. Stabiliser une application, complexe d’un point de vue technologique, est un processus long et difficile. À présent, nous sommes technologiquement prêts à communiquer à plus grande échelle et pouvons nous appuyer sur un vrai réseau international qui ne cesse de s’étoffer. C’est une vraie victoire, d’autant que peu y croyait au début, si ce n’est les vrais potes et quelques visionnaires avisés. L’une des premières leçons que j’en tire c’est qu’il est important d’être équilibré et bien entouré lorsqu’on s’engage dans ce type de projet.

O. Pop : KEAKR est à la fois une application au service des cultures urbaines et de la « hip-pop » culture, et une start-up innovante qui surfe sur les nouvelles technologies et les outils de partage et de communication. Comment maries-tu ces deux aspects ? Aussi, quels sont les sources de revenus et les débouchés de KEAKR ?

Axiom : L’application s’appelle KEAKR, à comprendre « Kickeur », un rappeur qui « jette son texte, sa rime ». Avec l’habitude, on utilise ce mot aussi pour dire « génie ». Par exemple, on peut être un kickeur en math. Le graphisme est signé HB District, un grapheur-graphiste de renom qui a notamment réalisé mes pochettes d’album. Bien qu’elle ait grandi en maturité et en taille, je bosse quasiment avec la même équipe qu’à mes débuts. Faire le lien entre Hip Hop et start-up s’est donc fait assez naturellement. De manière générale, la création a toujours été avant-gardiste et innovante dans la culture Hip Hop.

Du fait de la portée internationale qu’offre le numérique, la différence se ressent plutôt au niveau de la taille des marchés. S’agissant du seul marché francophone, les opportunités sont immenses. S’ajoutent d’autres facteurs comme la double nationalité de nombreux d’entre nous, mais aussi notre culture américaine qui s’est forgée en suivant les parcours de légendes comme Michael Jackson, Michael Jordan, mais aussi Dr. Dre et son aventure Beats. Tout cela représente de vraies inspirations entrepreneuriales qui s’ajoutent à des exemples français comme ceux de Booba, Maître Gims, Dawala ou encore Stromae en Belgique. Des années plus tôt, Kenzy du Secteur A était même déjà une référence en la matière.

Les sources de revenus potentiels de KEAKR sont nombreuses, mais notre but est surtout de continuer un développement avec la communauté qui dès le début a été au rendez-vous. C’est avec elle que l’on définira le futur business model. L’idée est de rester fidèle à cette même démarche que j’emprunte depuis toujours en tant qu’artiste ou producteur. Ce milieu, fort des liens et de la philosophie qui le traverse et l’anime, est aujourd’hui mondial. Il ne se résume pas à une danse ou une musique. Il s’agit d’une culture à part entière.

O. Pop : Tu parles de créer du lien, de rassembler des communautés grâce à KEAKR. C’est à dire ? Peux-tu nous expliquer comment cela fonctionne ?

Axiom : KEAKR est d’abord sortie en France et en Belgique. Son principe est simple :

  1. Tu choisis l’instrumentation dans le genre que tu kiffes (Boom bap, trap, cloud, trip hop, dancehall, jazzy, electro, etc.) ou alors le mode A cappella.
  2. Tu choisis un filtre vidéo.
  3. Tu enregistres directement ton clip.
  4. Tu sélectionnes un effet de voix.
  5. Une fois que le son a automatiquement été mixé et masterisé, tu envoies ton contenu partout sur les réseaux sociaux.
  6. Ta vidéo apparaît aussi sur KEAKR, dans la rubrique « Street ». Les gens peuvent valider, partager ton contenu et commenter.
  7. Tu peux aussi challenger les autres utilisateurs via une fonction « Battle » unique en son genre.

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La communauté est déjà présente sur l’application. Déjà des talents se sont révélés. Déjà des deals entre beatmakers et rappeurs ou chanteurs se sont faits. Punchlynn, une jeune rappeuse, a posé avec MK-Zoo, l’un des beatmaker français les plus talentueux. Déjà des compilations ou des clips collectifs se sont montés à partir de l’application. Et ce en moins d’un mois !

Des rappeurs comme Seultou, Sado MC, Jack Ardi ou encore la rappeuse A2N ont pu montrer leurs performances. La plupart de ces artistes sortent des clips et même des albums, comme L’originale K. Des beatboxers s’y sont mis, ainsi que le triple champion du monde de danse Hip Hop, Sofiane Felouki, qui a fait une performance sur KEAKR. Mais aussi des DJ, comme DJ Wars qui file des rendez-vous mix-scratch en mode Corée du Sud. Les beatmakers sont peu valorisés en France, avec KEAKR on les remet au centre.

Tous ces artistes ont du talent. La plupart font ça pour le plaisir, d’autres essaient de vivre de leur art. Autant de problématiques auxquelles KEAKR essaie de répondre. Il ne s’agit pas juste d’une plateforme ou d’une simple application, mais bien d’un laboratoire, celui des usages de la communauté dans les musiques urbaines. KEAKR c’est tout simplement Nous.

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Le rappeur Axiom

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3 questions à Alex Krawitz, qui conjugue skate et VR

3 questions à - 31 mai 2017

Avec son agence Firstborn, Alex Krawitz crée des expériences VR. La plus impressionnante reste de loin son projet Dew VR Skate Experience qui vous permet de vous embarquer dans une session ride avec les plus grands skateurs de la planète. Impressionnant.

Orange Pop : Comment a commencé ce projet ? Et comment les skateurs pro ont réagi à ce projet VR ?

Alex Krawitz : Le projet a commencé comme une idée proactive que nous avons proposée à notre client Mountain Dew. Nous voyions la VR comme un moyen pour la marque de toucher son public – qui est très branché sports extrêmes – et d’expérimenter à travers la VR quelque chose qu’ils ne pourraient pas vivre dans la vraie vie, comme par exemple faire du skate avec des pros. La team des sportifs Dew Skate qui ont participé à l’expérience était choquée par cette nouvelle technologie et tout ce qu’elle permettait faire. Et les fans qui ont expérimenté le skate en VR étaient hyper excités à l’idée d’être aussi proches de leurs skateurs préférés.

O. Pop : Techniquement, comment ce projet a-t-il été filmé ?

A.K : A l’époque où cette expérience a été créée, il n’y avait pas encore énormément de productions de ce type, nous avons donc dû en inventer une bonne partie au fur et à mesure de l’avancement du projet, que ce soit de la création de nouvelles techniques de tournage ou de la construction d’outils et de plateformes customisées. Par exemple, nous avons écrit nos propres codes de programmation pour permettre une écoute audio binaurale (technique d’enregistrement permettant de reproduire le son au casque tel que l’entend l’oreille humaine, ndlr) , puis nous avons partagé ces codes avec les communautés de la VR. Même au moment où nous avons terminé le projet, les techniques avaient déjà évolué. Le médium VR grandit à toute vitesse. Depuis, nous avons créé une douzaine d’expériences VR.

O. Pop : Selon vous, qu’est-ce que la réalité virtuelle peut apporter de nouveau aux fans de skate ?

A.K : Je pense qu’il y a une opportunité énorme pour des expériences immersives et interactives à destination des fans de skate. Dew VR Skate permet aux fans de ressentir exactement ce qu’est la sensation de skater avec des pros, en leur donnant un accès privilégié. Mais il y a aussi plein d’autres choses que l’on peut faire en laissant les fans interagir davantage avec les expériences VR, et spécialement dans un contexte de jeu.

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Alex Krawitz, vice président du développement des contenus chez Firstborn

 

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Trois questions à Margaret Dean, co-présidente de Women in Animation et Directrice Générale de Stoopid Buddy Stoodios

3 questions à - 24 mai 2017

À la tête du plus grand studio de stop motion du sud de la Californie, Margaret Dean est également une ardente défenseure des femmes dans le secteur de l’animation. Elle nous parle de leur place et de leur rôle dans la production et la création des films animés, de leur image et leur représentation à l’écran, mais aussi des actions de Women In Animation en leur faveur.

Orange Pop : Comment votre organisation, Women In Animation, est-elle née et pourquoi ? Quelles sont ses actions et ses objectifs ?

Margaret Dean : Women in Animation (WIA) a été fondée il y a plus de 20 ans afin de rassembler une poignée de femmes qui s’étaient aventurées dans le secteur de l’animation. Son but initial était de soutenir les femmes qui se trouvaient souvent seules dans les réunions, les équipes et les studios. Il y a deux ans, WIA s’est fixé un nouvel objectif : 50-50 d’ici 2025. Nous voulons que 50% des rôles créatifs dans l’animation soient occupés par des femmes. Tous nos programmes sont axés sur cet objectif. Au cours des deux dernières années, les femmes sont passées de 20,63% à 23,22% du personnel créatif à Los Angeles (The Animation Guild 839). L’augmentation est encourageante, mais ne suffit pas encore pour atteindre notre objectif de 50-50 en 8 ans.

En plus d’offrir des programmes qui développent les talents féminins, tels que le mentorat, les ateliers de renforcement de compétences et les projections, nous avons une stratégie de plaidoyer, qui nous pousse à aborder le problème des deux côtés : en travaillant avec l’industrie et tous les grands studios pour ouvrir plus largement les portes, et avec les femmes pour qu’elles aient plus confiance en elles et qu’elles se donnent les moyens de leurs ambitions.

O. Pop : Comment l’image et la représentation des femmes dans les films d’animation ont-elles évolué depuis les premiers grands classiques de Disney jusqu’aux productions récentes, plus progressistes ou tout simplement plus fidèles à la réalité ? Aussi, peut-on dire que l’animation japonaise était un pionnier dans cette affaire (le Studio Ghibli en particulier) ?

M.D : Il y a eu de grands progrès en terme de représentations des femmes et des filles dans l’animation. Si l’on compare Blanche Neige et La Belle au Bois Dormant à Judy Hopps (Zootopia), la différence est évidente. Mais si l’on se base sur les études de l’Institut Geena Davis, on remarque que le nombre total de personnages féminins ne reflète toujours pas la réalité de la répartition par sexe de la population. Et comme elle l’a dit plusieurs fois, si un public voit un monde sur l’écran qui est principalement masculin, alors le message compris est que les femmes ne comptent pas.

Toutefois, nous savons que les gens des studios travaillent dur pour corriger cette fausse représentation. Je m’attends à voir une grande amélioration au cours des prochaines années. Au cœur de la mission de WIA, il y a la conviction que le fait d’avoir plus de voix diverses et féminines rendra l’animation et notre culture plus riche, plus amusante et plus lucrative.

Miyazaki est absolument pionnier dans ce domaine. La plupart de ses personnages principaux sont des filles, avec du cran, aventureuses, réfléchies et intelligentes. J’ai découvert ses films dans les années 80 lorsque j’élevais mes enfants. J’étais tellement soulagé de pouvoir proposer à ma fille comme à mon fils quelque chose à regarder qui leur offre un regard alternatif. Il est regrettable que ses films ne soient pas connus par davantage de parents. Mais je ne donnerais pas la médaille de pionnier à l’ensemble de l’animation japonaise. Beaucoup d’Anime ont défait tout le bien que Miyazaki a fait. Peut-être que s’il y avait plus de femmes dirigeant et écrivant des Anime, nous serions témoins de l’émergence d’une incroyable forme artistique.

O. Pop : Derrière l’écran, que pouvez-vous nous dire sur la représentativité des femmes et la parité dans les studios de création et de production d’animation ? Même aujourd’hui, qu’est-ce qui explique que les femmes soient toujours une minorité dans ce secteur ?

M.D. : Nos recherches ont montré que les programmes d’animation à l’échelle du pays étaient principalement fréquentés par des femmes. L’année dernière, le California Institute of the Arts (Cal Arts) a annoncé que son programme d’animation était à 75% féminin. Or, il s’avère que les femmes n’occupent que 23% des emplois créatifs. Fait intéressant, elles occupent toutefois 65 à 70% des emplois de gestion de production. Les femmes ne se retrouvent pas à l’endroit où leurs voix seront entendues, mais plutôt dans un rôle où elles favorisent et soutiennent la vision des autres.

La culture du moindre risque tend à ce que les mêmes personnes obtiennent les mêmes postes encore et toujours. Il y a beaucoup d’argent en jeu et les gens ne sont pas prêt à miser sur de nouveaux talents. Aussi, des idées fausses persistent toujours, comme celle qui voudrait que les garçons ne regardent pas d’histoires avec des héroïnes féminines, ou celle encore qui dit que les femmes ne savent pas comment raconter d’histoires de garçons. Il ne faut pas oublier que cette industrie est toujours contrôlée par des personnes d’une génération plus âgée (la mienne), qui ont encore de vieux à priori sur ce que les femmes peuvent et ne peuvent pas faire. Mais il y a quelque chose de différent dans le leadership à venir. La plupart des hommes plus jeunes que je rencontre embrassent complètement l’idée que les femmes puissent avoir des rôles créatifs et les considèrent comme une incroyable ressource inexploitée.

Et puis il y a les femmes elles-mêmes, qui souvent n’ont pas confiance en elles et doivent être accompagnées pour décrocher un poste, quel qu’il soit. D’une certaine manière, il est contraire aux codes sociaux de la plupart des femmes d’être agressive, en particulier pour leur propre compte. Et c’est ce qu’il faut pour réussir dans l’industrie créative. Vous devez être talentueuse, dure et motivée. Le travail de WIA est de leur rappeler qu’elles méritent d’être entendues, et de les soutenir dans ces épreuves et ces difficultés en construisant une communauté de personnes engagées pour une plus grande diversité dans les films d’animation, de télévision, de courts métrages, dans les jeux vidéos, la VR/AR et les VFX.

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Margaret Dean, Wonder-Woman militante et co-présidente de Women In Animation

 

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3 questions à Bernard Payen, ancien juré à Cannes : “Ces dix jours à Cannes ont été une parenthèse enchantée”

3 questions à - 17 mai 2017

En 2015, Bernard Payen, réalisateur et programmateur à la Cinémathèque Française, faisait partie de jury de la Caméra d’or à Cannes, qui récompense chaque année le meilleur premier film. Nous sommes allés le rencontrer pour en savoir un peu plus sur ce qu’est la vie de juré à Cannes.

Orange Pop : Comment se passe une semaine type lorsque l’on est juré à Cannes ?

Bernard Payen : Être juré à Cannes, c’est l’assurance de séjourner au festival dans les meilleures conditions possibles, de pouvoir entrer dans la salle, même tardivement en ayant sa place réservée. On nous demande autant que possible de voir les films tous ensemble. Le rythme est assez intense (cette année-là il y avait 24 longs métrages en lice), encore plus si vous avez envie de voir d’autres projections de films que celles auxquelles vous avez l’obligation d’assister. Le plus difficile est de ne pas parler des films pendant le festival. Il suffit que vous croisiez des amis ou des connaissances pour qu’on vous demande ce que vous avez vu et aimé. Et le devoir de réserve nous impose de ne pas parler (du moins des films en compétition pour la Caméra d’or) ! Mais c’est très difficile de ne pas pouvoir partager ses coups de cœur ou ses coups de gueule. Et il suffit qu’on dise une chose à quelqu’un pour que naissent ensuite les rumeurs !

O. Pop : Comment se passent les délibérations ? Est-il difficile de trouver un compromis entre tous les jurés ?

B.P : Sabine Azéma, notre présidente du jury, nous avait demandé autant que possible de commencer à parler des films entre nous après quasiment chaque projection. Des réactions « à chaud » qui n’empêchaient bien évidemment pas de revenir sur les films jour après jour. Et ce fut le cas ! Je pense que je n’ai jamais autant parlé des films vus que dans ce jury là. Généralement, dans n’importe quel jury, on voit les films ensemble ou séparément et on se voit deux ou trois fois pour faire le point. Là, ce n’était pas le cas. Des discussions quotidiennes, libres, passionnées, cinéphiles, entre plusieurs personnes très différentes, qui ont permis d’éclaircir les choses au fur et à mesure. Ce qui fait que lorsque nous avons véritablement délibéré, la décision fut prise assez rapidement en faveur de La Terre et l’ombre du colombien César Augusto Acevedo.

O. Pop : Quel est votre souvenir le plus marquant de cette expérience en tant que juré à Cannes ?

B.P : Il n’y en a pas qu’un seul. Il existait une réelle complicité entre les membres de ce jury – complicité qui se voyait d’ailleurs de l’extérieur je pense – et qui fut assez inattendue car nous ne nous connaissions pas, à quelques exceptions près. Ces dix jours à Cannes ont donc constitué une sorte de parenthèse enchantée et nous partageons encore entre nous aujourd’hui des souvenirs marquants, dont une mémorable escapade aux îles de Leirins en bateau dont je crois que tous les membres de ce jury se souviendront toute leur vie.

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Bernard Payen, juré à Cannes en 2015 © courtsdevant

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Kris A. Truini, réalisateur, youtubeur et expert des couleurs au cinéma

3 questions à - 10 mai 2017

Comme la couleur orange qui possède bien des significations au cinéma, Kris A. Truini a plus d’une casquette à son CV ! Sur Kriscoart, sa chaîne Youtube, le jeune réalisateur détaille techniques cinématographiques et psychologie des couleurs.

Orange Pop : Qu’est-ce qui t’a motivé à réaliser des vidéos expliquant les aspects techniques des films, de la psychologie des couleurs au montage, à la lumière et à la photographie?

Kris A. Truini : Pour autant que je me souvienne, j’ai toujours adoré raconter des histoires. J’ai commencé cette chaîne Youtube quand j’étais au lycée et ainsi réalisé quelques vidéos horribles qui m’ont permis de récolter des vues et de nouveaux abonnés. Plus tard, c’est en commençant à fréquenter la Full Sail University, en Floride, que j’ai compris le pouvoir d’une plateforme comme Youtube lorsqu’elle est utilisée par un jeune réalisateur qui tente de se faire la main.

Contrairement à mes attentes, les gens là-bas n’étaient pas intéressés par l’idée de s’entraider à réaliser des vidéos et courts-métrages, mais il y régnait plutôt cet étrange sens de la compétition qui conduit tout le monde à faire ses affaires dans son coin. J’ai détesté cela, mais j’ai dû m’y adapter. J’ai donc commencé à réaliser des vidéos et tutoriels que je pouvais faire par moi-même, sans l’équipe et les acteurs nécessaires pour faire un film. Dès lors, les retours ont été incroyables et pour la première fois de ma vie je me suis senti accepté et désiré. Cela m’ayant beaucoup apporté personnellement, je continue à réaliser des vidéos pour aider les autres.

O. Pop : Tu as justement réalisé plusieurs vidéos sur l’utilisation des couleurs et leur signification à l’écran, mais aussi un court métrage intitulé “Orange”. Que représente la couleur orange dans les films ? De quoi est-elle synonyme?

K.A.T. : Le orange est une couleur qui se distingue facilement et peut donc avoir des significations différentes, bien qu’on l’associe généralement aux sentiments et aux émotions positives. Elle peut montrer la chaleur, l’enthousiasme, l’excitation mais aussi représenter la liberté, la créativité et le succès.

Les couleurs peuvent revêtir de nombreuses significations, mais il est important de savoir qu’elles nous stimulent également psychologiquement de différentes manières. Il a ainsi été prouvé que le orange en particulier nous affecte de manière très positive. Il peut aussi susciter des effets physiques comme un sens accru de l’activité, une stimulation de l’activité mentale, une augmentation de la socialisation, de l’apport en oxygène au cerveau, de la sensation de contentement et d’assurance. La couleur orange contribue également au bonheur, à la confiance et à la compréhension.

O. Pop : Quels réalisateurs utilisent le plus la couleur orange, et le mieux? Dans quels films?

K.A.T. : Le orange est probablement la couleur la plus couramment utilisée dans les films, souvent afin d’illustrer des moments de bonheur et de béatitude. Sa popularité dans le spectre des couleurs est également en partie due au look actuel des blockbusters. Un orange chaud est complémentaire d’un ton plus frais comme le bleu métal. C’est une combinaison agréable car ces deux ensembles de couleurs sont opposés l’un à l’autre dans la roue des couleurs, créant ainsi une composition riche en contraste et offrant de nombreuses façons de montrer une séparation entre un sujet et un élément du reste de la scène.

Le orange peut avoir de nombreux sens, sans pour autant avoir une seule connotation fixe. Certains artistes comme Francis Ford Coppola dans Le Parrain, utilisaient la couleur orange et le fruit lui-même comme un présage de mort. Alfonso Cuarón y a rendu hommage dans son film Children of Men où la couleur orange et le fruit sont visibles juste avant la mort d’un personnage majeur.

Les couleurs peuvent être puissantes et surtout un excellent outil lorsqu’elles sont comprises et utilisées correctement. Au cinéma, elles peuvent devenir une autre couche de sens afin de guider le public à travers l’histoire, elle peuvent même augmenter certains sentiments, éléments ou moments du film, ou simplement attirer l’attention des spectateurs sur une partie spécifique de votre composition.

 

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3 questions à Jean-Max Méjean, spécialiste d’Almodóvar : “Il disait qu'il était Andy Warhol avec une perruque brune”

3 questions à - 03 mai 2017

Si Pedro Almodóvar est souvent vu aujourd’hui comme un ovni au cinéma incomparable, il ne faut pas oublier que c’est au sein du mouvement culturel de la movida que le cinéaste a taillé cette identité si marquée. Retour sur la movida avec Jean-Max Méjean, spécialiste français de Pedro Almodóvar.

Orange Pop : On décrit Pedro Almodóvar comme un enfant de la movida. Mais qu’est-ce que la movida ?

Jean-Max Méjean : La movida est un mouvement culturel apparu subitement après la mort de Franco au milieu des années 70. Dès sa naissance, ce courant était un violent pied de nez par rapport à l’Espagne de Franco, qui était un pays très catholique où rien n’était permis. La preuve est que la cinémathèque de Madrid ne proposait pas les films qui intéressaient Pedro Almodóvar. Il était donc parfois obligé d’aller les voir en France. C’était l’époque où Salvador Dalí avait dit que Perpignan était le centre du monde car tous les espagnols passaient la frontière pour aller voir les films les plus subversifs en France. La movida a énormément marqué les premiers films d’ Almodóvar comme Le Labyrinthe des passions ou Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ?. C’était une sorte de révolte un peu punk, anticléricale et très tournée vers l’apparition de l’identité transgenre, que l’on retrouve beaucoup dans la filmographie d’Almodóvar.

O. Pop : Quelle place tenait Almodóvar au sein de la movida ?

J.M.M : Au début, Pedro Almodóvar était surtout lié à la movida sur le plan musical. Effectivement, il ne faut pas oublier qu’il a commencé en tant que musicien avec son groupe Almodóvar & McNamara. C’est pour ça qu’on peut le comparer par exemple à Emir Kusturica qui est également musicien et réalisateur. D’ailleurs, dans le film Le Labyrinthe des passions qui date de 1983 et qui marque vraiment le début de la movida, il chante une chanson assez symptomatique de l’époque. Les paroles sont « Voy a ser mama », donc « Je serai une maman ». Il dit qu’il veut faire des enfants. Ce qu’on va retrouver dans une grande partie de sa filmographie.

O. Pop : Sa position dans ce courant culturel a-t-elle évolué avec le temps ?

J.M.M : Rapidement, Almodóvar s’est auto-institué le pape de la movida. On a rapproché à tort ou à raison ce mouvement de l’underground new-yorkais, tant et si bien que Almodovar, qui a pas mal d’humour, disait à l’époque qu’il était Andy Warhol avec une perruque brune. Il paraît même qu’un jour, lors d’une soirée à Madrid, Almodóvar a rencontré Andy Warhol et ce dernier lui a dit : « Je suis bien content de rencontrer mon double brun. » J’aurai adoré assister à cette scène !

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Laurence VEYNE, directrice de la communication chez Greenpeace France

3 questions à - 26 avril 2017

Orange Pop : Depuis longtemps, des célébrités du monde de la musique, du cinéma, de la mode, de l’entreprise s’engagent (de manière plus ou moins radicale, et honnête peut-être) pour l’écologie, la préservation des espèces animales, des forêts, des ressources, etc. Pensez-vous que leurs positions, discours et actions sont devenus indispensables à la prise de conscience environnementale et afin de répondre à cet enjeu majeur ?

Laurence VEYNE : Les célébrités ont incontestablement un rôle à jouer pour alerter le grand public sur les enjeux planétaires, qu’ils relèvent de la protection de l’environnement et du climat ou de la défense des droits humains fondamentaux. Grâce à leur visibilité médiatique, elles peuvent donner un coup de projecteur sur des sujets parfois oubliés ou passés sous silence et permettent de toucher des audiences qui ne sont pas traditionnellement celles des associations. Elles sont complémentaires du travail de sensibilisation et de mobilisation que mènent les organisations via les actions sur le web, les réseaux sociaux ou les médias.

Ce travail peut cependant être à double tranchant pour les célébrités, comme pour les associations : il faut veiller à ce que la collaboration s’inscrive dans une démarche personnelle et des valeurs qui soient partagées et profondes, pour que les deux parties en tirent mutuellement bénéfice. Un porte-parole célèbre pourrait nuire à la réputation de l’association si ses propos ou son comportement allaient à l’encontre des combats de l’ONG qu’il ou elle soutient. Par ailleurs, les réseaux sociaux ne manqueraient pas de souligner aussi une telle incohérence, exposant ainsi l’artiste à des critiques, comme on a pu le voir parfois.

O. Pop : En tant qu’ONG internationale de protection de l’environnement, habituée des coups d’éclat et des campagnes très médiatisées, comment réussissez-vous à convaincre les célébrités de vous rejoindre et de se mettre en scène au service de la planète (je pense notamment à Marion Cotillard dénonçant la déforestation au Congo et plus récemment à la performance de Ludivico Einaudi pour la campagne Save The Arctic) ?

L.V. : La collaboration avec des personnalités se noue le plus souvent sur la durée et s’appuie sur des convictions profondes des célébrités. Marion Cotillard est depuis le début de sa carrière une écologiste convaincue et c’est tout naturellement qu’elle a accepté de soutenir nos campagnes, notamment pour la préservation des forêts, un combat qui lui tient particulièrement à coeur. Tryo, Mélanie Laurent ou encore Lambert Wilson soutiennent également régulièrement nos actions, et se sont engagés à plusieurs reprises pour protéger les océans, par exemple. Aussi, nous devons nous adapter à leur emploi du temps et veiller à proposer des formes d’engagement qui ne contrarient pas leur activité artistique et correspondent à leurs préoccupations. Nous sommes très ouverts à toute forme de collaboration avec des artistes, à partir du moment où elle se fonde sur une volonté forte de défendre une cause et une adhésion à nos demandes, nos valeurs d’indépendance et au principe de non-violence.

O. Pop : Une grande popularité implique-t-elle nécessairement de grandes responsabilités ? Mettre son succès, sa richesse, sa notoriété, son talent, etc. au service d’une cause environnementale, est-ce aujourd’hui un devoir et une nécessité d’après vous ?

L.V. : Oui certainement. Il est urgent que chacun contribue à son niveau à construire le monde de demain, plus vert et pacifié. En revanche, il faut que cet engagement repose sur des convictions profondes pour qu’il soit légitime et juste. Chez Greenpeace, nous essayons de sensibiliser le plus grand nombre à l’enjeu écologique, avec l’espoir que chacun, un jour ou l’autre, se mobilise pour défendre l’avenir de la planète. C’est d’autant plus vrai pour des personnalités qui ont la capacité de démultiplier notre impact, sous réserve qu’elles prennent le temps de comprendre et qu’elles s’investissent pour la défense d’enjeux qui leur tiennent à cœur.

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Laurence VEYNE, Madame com’ chez Greenpeace France © L.V.

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3 questions à Bhautik Joshi, spécialiste I.A pour le prochain film de Kristen Stewart

3 questions à - 19 avril 2017

Via la technologie Neural Style Transfer, l’ingénieur chez Adobe Bhautik Joshi a travaillé avec Kristen Stewart sur des séquences de son prochain film redessiné grâce à l’intelligence artificielle? Rencontre.

Orange Pop : Vous venez de cosigner un article scientifique avec Kristen Stewart sur l’intelligence artificielle appliquée à l’art. Comment s’est passée cette collaboration ?

Bhautik Joshi : En 2016, j’ai commencé à m’intéresser à cette technique appelée le Neural Style Transfer qui permet de redessiner une image dans un style précis de peinture en utilisant pour ça un réseau de neurones. Sur le papier, cette technique est très cool mais elle peut être aussi utilisée pour raconter des histoires autrement. J’ai donc joué avec ça en faisant une vidéo qui reprend des passages de 2001: l’odyssée de l’espace dans le style de Picasso période cubiste. Internet est devenu dingue de cette vidéo et Kristen Stewart m’a contacté via son producteur. Elle travaillait sur son premier film en tant que réalisatrice et elle voulait redessiner certaines scènes de son film dans le style d’une peinture qu’elle avait faite. Nous avons donc travaillé ensemble sur des séquences vidéo et nous en avons tiré aussi un article afin de documenter tout ça. Cet article n’est donc pas vraiment sur comment fonctionne une nouvelle technologie mais plutôt sur comment en tirer quelque chose de créatif.

O. Pop : A quel point dans le futur,  l’intelligence artificielle peut devenir importante dans l’art ?

B. J : Je pense que l’IA va jouer un rôle à ce niveau là mais je ne sais pas à quel point. Vis-à-vis des artistes, je la vois davantage comme un compagnon que comme un remplaçant. Tout ça ne peut pas fonctionner tout seul. Pour arriver à un résultat artistique de qualité, il faut retravailler ce que propose l’IA. Par contre, il est vrai que l’intelligence artificielle peut être un bon moyen pour aider un artiste à commencer une œuvre. Mais ensuite, il faut toujours que l’artiste retravaille ce qui est proposé. A mon avis, il faut davantage voir l’IA comme un outil, comme une sorte de nouveau pinceau par exemple. Je pense que l’intelligence artificielle peut changer beaucoup de choses dans la société mais ce qui ne changera pas fondamentalement, c’est l’art. Car l’art est quelque chose de fondamentalement humain. C’est par exemple ce qui nous différencie de la plupart des autres espèces.  

O. Pop : Ne pensez-vous pas que d’elle-même, l’IA pourrait écrire des films ou des livres intéressants ?

B. J : Pas vraiment car certaines notions comme l’originalité ou l’inspiration restent assez fondamentalement humaines. Et surtout, l’IA a besoin d’être entraînée. Elle a besoin d’une sorte d’input avant de pouvoir faire quoi que ce soit. Et elle ne peut pas vraiment comprendre des notions comme le cool ou la mode. Mais c’est forcément fascinant d’imaginer ce qui se passerait si un ordinateur pouvait faire la même chose qu’un artiste. Je pense pourtant qu’il n’y a pas vraiment de réponse à cette question. La vraie réponse sera beaucoup plus profonde que tout ce que nous pouvons imaginer pour le moment.

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Bhautik Joshi, spécialiste de l’I.A © Bhautik Joshi/Matthew Almon Roth

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Jason Feifer, rédacteur en chef du magazine et site internet “Entrepreneur”

3 questions à - 12 avril 2017

Référence de l’actualité et de la gestion d’entreprise depuis 1977, le magazine Entrepreneur propose également “Inspiration for Entrepreneurs”, une page Facebook qui publie chaque jour conseils et citations… d’entrepreneurs. Rédacteur en chef du magazine, Jason Feifer, décrypte pour nous ce phénomène des “entrepreneurs qui philosophent”.

Orange Pop : Comment expliquez vous la fascination pour les entrepreneurs de nos jours ?

Jason Feifer : Il y a quelques décennies encore, le chemin de la plupart des gens était déjà tracé. Ils se dirigeraient vers un travail dans une entreprise ou bien une usine, et ils y travailleraient toute leur vie. Mais maintenant, tout est devenu imprévisible. L’économie évolue constamment et nos mesures politiques semblent de plus en plus dysfonctionnelles. La seule façon de survivre est de penser comme un entrepreneur. Les entrepreneurs sont des personnes qui prennent leur vie en main; ils créent leurs propres entreprises, leurs propres emplois, ils ont leur propre vision. C’est stimulant et aussi très important

O. Pop : Les citations et les traits intellectuels de l’entrepreneur coïncident maintenant avec ceux des grands écrivains, philosophes et artistes de toutes les disciplines. Les entrepreneurs sont-ils les « penseurs » des temps modernes?

 J.F : Je pense bien que oui. Les entrepreneurs créent des choses énormes et incroyables. A travers leurs idées, qu’ils convertissent en produits ou en entreprises, ils transforment également leurs propres vies, leurs communautés et parfois même le monde. On a l’impression qu’ils peuvent tout faire, c’est donc très peu surprenant que tout le monde veuille savoir ce qu’ils pensent et comment ils réfléchissent.

O. Pop : D’après vous, qu’est ce qui fait d’une citation qu’elle est bonne ?

J.F : Il n’y a pas de règle prédéfinie. Le plus souvent, les citations des entrepreneurs n’ont rien de choquant. Par contre, elles réussissent à cristalliser des idées simples d’une manière très forte. L’entreprenariat c’est assez abstrait, il n’y a pas de livre pour apprendre à devenir créatif, borné et audacieux. C’est pourquoi je pense que les gens aiment entendre parler de ces qualités d’une manière inspirante et facile à retenir.

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Jason Fiefer, rédacteur en chef du magazine Entrepreneur © David Rinella

Question Bonus : Votre citation d’entrepreneur favorite ?

 J.F : Reid Hoffman dit souvent que les entrepreneurs devraient vivre « en mode beta ». On devrait toujours s’adapter et se réinventer. J’adore cette phrase.

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3 questions à Michel Lévy-Provençal, fondateur de TEDxParis : “Un talk, c'est d'abord et avant tout une histoire”

3 questions à - 05 avril 2017

A la tête de TEDxParis depuis 2009, Michel Lévy-Provençal est devenu une figure emblématique du monde des talks et des conférences. C’est donc avec lui que nous sommes allés cette semaine discuter idées et manière de les mettre en forme.

Orange Pop: Comment est né ce projet d’organiser des conférences TED à Paris ?

Michel Lévy-Provençal : TEDxParis a été créé en 2009. Avec des amis, nous avions une envie débordante d’inviter des intervenants sur une scène afin qu’ils puissent nous faire découvrir leurs univers pleins d’idées nouvelles. J’ai donc contacté TED pour leur dire que je trouvais ça dommage qu’il n’y ait pas de conférence de ce type en France. Coup de bol, au même moment, TED lançait le programme TEDx, une licence qui permet d’organiser ces événements partout dans le monde via des membres de leur communauté. Il m’ont donc proposé d’être le premier à lancer TED en Europe en créant un événement à Paris. Nous sommes alors devenus la première conférence TEDx ainsi que la première communauté TEDx en termes de taille.

O. Pop : Quelles sont les difficultés liées à l’organisation de ce type d’événements ?

M.L.P : En 2009, ce format n’était pas vraiment démocratisé. Il a fallu développer une méthode pour accompagner nos intervenants, de sorte à ce qu’ils puissent être efficaces sur scène. Aidé de gens venus du théâtre et du développement personnel, j’ai donc constitué un certain nombre de techniques et de pratiques que nous appliquons aujourd’hui avec nos intervenants. Déjà, il faut savoir qu’un bon talk n’est pas un talk improvisé. Un bon talk, ça se prépare. En construisant la structure, en réfléchissant au message qu’on veut transmettre, en identifiant les anecdotes sur lesquelles on s’appuie pour raconter cette histoire. Car un talk, c’est d’abord et avant tout une histoire. Et puis ça se répète. On ne fait jamais intervenir quelqu’un sur scène avant qu’il ait répété au moins 3 fois. On dit aussi que l’introduction doit être hyper percutante, faire appel à la surprise, à l’émotion pour attirer très vite l’attention du public. Même chose pour la conclusion. J’ai d’ailleurs réuni ces astuces dans le livre Révélez le speaker qui est en vous ! publié chez Pearson en 2013.

O. Pop : A quel point les conférences, les idées et la manière qu’a TED de les diffuser peuvent changer le monde ?

M.L.P : C’est l’idée première de TED : des idées qui méritent d’être partagées. Évidemment, développer une idée pendant 15 minutes sur une scène ne suffit pas à changer le monde. Mais c’est un hameçon, un catalyseur, une étincelle. Les gens dans le public peuvent se dire “Wow pourquoi pas moi ?” et ensuite essayer d’aller plus loin. Sur la base de feedback de ce type au sein de notre communauté, nous avons d’ailleurs créé il y a 5 ans un nouveau format plus long qui s’appelle L’Echappée volée. Cet événement dure trois jours au lieu de durer une après-midi. On y retrouve des talks, mais aussi des expériences qui permettent aux participants de toucher du doigt ces nouveautés et ces innovations qui sont présentées sur scène. C’est aussi un moyen de créer du lien avec les participants, de leur permettre de rencontrer des acteurs du changement et de commencer à mettre le pied à l’étrier. La prochaine édition de L’Echappée volée aura lieu du 12 au 14 mai.

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Michel Lévy-Provençal © mikiane.com

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